VOUS EN VOULEZ D'AVANTAGE ?

"Béchi, Bitchi, Béssi, ça vient d'où ce nom ?"

--> Prononcé [bisi], BEECI est une abréviation de l'anglais :

Bike through Europe for Environment and Citizens' Initiatives

(Vélo à travers l'Europe pour l'environnement et les initiatives citoyennes)

beeci.project@gmail.com

Quand on trouve le temps de se donner le temps

 

Comme vous commencez à vous habituer, et si vous ne vous êtes toujours pas habitués, il va falloir commencer, parce que, même si une fois n'est pas coutume, c'est déjà le troisième article et la coutume s'installe : voici le récit de nos tribulations et autres pérégrinations assaisonnées de réflexions et triturations neuronales sur le monde qui nous entoure.

 

Note importante : cet article traite du temps qui passe et qu'on ne s'offre pas assez souvent. Si vous trouvez qu'il est trop long, réfléchissez. N'avez-vous vraiment pas le temps de le lire ?

 

Du temps qu’il fait beau

 

La dernière fois, nous nous étions arrêtés à Nantes. Pour nous, c'était il y a 3 semaines. Entraînés dans la joyeuse frénésie cycliste qui s'est emparée de cette ville, nous en étions repartis le sourire aux lèvres, emplis de bons souvenir, requinqués et les cuisses gonflées d'une énergie renouvelée.

Une belle journée ensoleillée nous attendait pour les 60 km qui nous séparaient du Fenouiller. Nous en avions perdu l'habitude mais nous nous sommes agréablement rendu compte que les vents et reliefs pouvaient être nos amis, et, à l'arrivée, nous aurions largement pu repartir pour 20 ou 30km supplémentaires.

Arrivés plus tôt que prévu, en attendant nos hôtes, un choix cornélien se dressait devant nous : profiter des deux heures d'attente pour aller voir la mer à quelques kilomètres ou, profiter d'un magnifique soleil en terrasse. Pour tout avouer, nous avons préféré remettre la mer au lendemain et avons entamé une difficile séance de travail autour d'un verre.

 

 

Nous avons ensuite passé une agréable soirée chez un couple de randonneurs à vélo, Anne et Jean-Pierre. Des discussions passionnées et passionnantes ont rythmé la soirée, d'abord autour d'une bonne bière bien fraîche, la fameuse bière du cycliste d'après Jean-Pierre, puis d'un repas breton : galettes complètes pour tout le monde, un régal !

Contents de cette hospitalité, du bon repas et du lit douillet, nous repartons toujours sous le soleil et le vent dans le dos.

Nous voyons très vite la mer apparaître derrière les dunes. La première fois que nous la voyons depuis notre départ.

Nous parcourons des dizaines et des dizaines de kilomètres sur des pistes dédiées aux cyclistes, sans voiture c’est un bonheur.

 

Le temps d’un voyage

 

Le soir, nous arrivons à Talmont-Saint-Hilaire et admirons son château du XIe siècle pour finir chez Nadine et Guillaume, couple franco-allemand atypique de grands voyageurs.

Depuis quelques années, des choix de vie et de carrières leur permettent de faire un voyage de plusieurs mois environ tous les deux ans. Nadine, passionnée de voyages à vélo depuis l'enfance, nous explique qu'elle souhaite découvrir le monde mais ne conçoit pas l'orgie d'énergie que les modes habituels de déplacement imposent pour de tels voyages. Ainsi, elle et Guillaume ont déjà parcouru plusieurs milliers de kilomètres au guidon de leur vélo, l'Espagne, le Maroc, l'Europe centrale, la Scandinavie...

 

 Nous préparons, avec leur aide, notre trajet du lendemain sur un atlas routier un peu âgé, sauvé de la décharge et magnifiquement customisé, dans son coffret en bois fabriqué par Nadine. Nous avons ainsi un bon aperçu de la route à suivre mais une vague idée de la distance à parcourir pour nous rendre à La Rochelle. Guillaume check la météo pour nous : grand soleil et vent dans le dos.

Le lendemain, il nous accompagne à vélo jusqu'à la sortie du patelin.

Nous avançons et nous étonnons des rafales de plus en plus forte qui s'opposent à notre cheminement. Finalement, nous aurons le vent de face pendant 5 heures et progressons vraiment lentement. La journée est un peu tuante même si, sur la fin, nous bifurquons et tournons de nouveau le dos au vent. 92km après Talmont-Saint-Hilaire, nous parvenons à La Rochelle.

 

Quand il est temps de faire des économies

 

Notre hôte du soir est un jeune étudiant. C 'est sa mère qui a pris contact avec nous via Facebook. Nous avions en fait cherché à rencontrer des familles ayant pris part au Défi Famille à Energie Positive (DFEP) via un appel à témoins. Delphine était rentrée en contact avec nous et nous avait proposé l'hospitalité de son fils, Théo, lui-même adepte des voyages à vélo et membre de la communauté Warmshowers.

Bien qu'habitant à 30 minutes de La Rochelle, Delphine tient à nous rencontrer. Nous buvons un chocolat chaud dans un bistrot pour faire connaissance avec la mère et le fils.

Delphine est assistante sociale de formation. Aujourd'hui, elle est coordinatrice d'une épicerie solidaire gérée par une collectivité locale. Elle en connait un rayon sur la détresse humaine mais est surtout intarissable sur les moyens d'y remédier.

Nous discutons également de sa démarche concernant le DFEP. Elle a commencé d'abord par conviction – et surtout pour mettre son mode de vie en cohérence avec ses convictions – et parce que l'idée de ce défi circulait un peu dans son milieu professionnel.

Il y a quelques temps, elle s'est séparée de son mari. Lorsqu'elle a été faire un tour à la cuve à fioul par pure curiosité, elle s’est rendu compte qu'elle était quasiment vide. Il lui restait une bonne partie de l'hiver à tenir avec des revenus diminués par cette récente séparation. Le défi a alors pris une toute autre dimension. Il fallait faire des économie d'énergie coûte que coûte. Impossible de remplir la totalité de la cuve avec ses seuls revenus et 3 enfants. Et puis, c'est comme tout, en quelque sorte, on prend le taureau par les cornes, on se prend au jeu, on prend l'habitude, on prend même l’envie mais on ne se prend pas la tête pour autant !

Aujourd'hui, Delphine fait des économies, concilie de mieux en mieux son mode de vie avec ses convictions et discute de tout ça autour d'elle en lançant le plus de monde possible sur le DFEP.

Le soir, nous partageons un repas tous ensemble dans un ancien couvent devenu vaste colloc' étudiante où Théo vit.

Nous dormons à l'aise, tous les trois, dans sa chambre de 13m² !

 

 

Le lendemain, nous faisons un tour en ville et profitons du beau temps toujours au rendez-vous. Nous souhaitons prendre un train pour nous rendre à notre prochaine étape, Royan, et ainsi gagner du temps pour réaliser un peu de contenu pour le site. Nous travaillons bien dans la petite chambre de Théo et décollons pour la gare de La Rochelle.

 

Quand on a le temps de prendre le train

 

Un grave accident voyageur oblige la SNCF à annuler notre train. Nous attendons un solution de remplacement et voguons de quai en quai, sans ascenseur ni rampe pour déplacer nos lourds vélos... Il y a encore du boulot quant à l'accessibilité de nos gares.

Ce voyage est un calvaire. Dans le train, le contrôleur ne tarit pas de réflexions désagréables pour nous faire comprendre que nous sommes indésirables, nous et nos vélos encombrants. Il faut dire que les rangements dédiés au vélo ne sont vraiment pas pratiques malgré la prétention de la SNCF d’accepter officiellement et gratuitement les vélos à bord de ses trains.

 

 

Nous avons un changement à Saintes et 5 minutes pour passer sur l'autre quai. Heureusement, notre contrôleur désagréable fait preuve d'un peu de sympathie et demande à son collègue de nous attendre avant de lancer son train. Nous parvenons à hisser seuls nos vélos mais une cycliste sympathique offre un coup de main inespéré à Léa qui peinait pas mal dans la remonté du sous-terrain menant au nouveau quai. Nous grimpons in-extremis dans notre train et perdons un de nos antivols dans la bataille...

Arrivés à Royan, après des heures à attendre notre train, il fait nuit noire et nous avons 4 ou 5 km à parcourir avant notre halte.

 

La maison du temps d’une vie

 

Nous devons nous rendre chez Jeanine et Louis, encore des voyageurs à vélo. Ils ne sont pas présents mais ont pris leurs dispositions pour que nous passions la nuit chez eux.

Nous découvrons leur magnifique petite maison. Jeanine, que nous avions eu au téléphone dans la journée nous avait prévenus : « c’est volontairement petit, nous n’avons pas besoin de plus ».

En effet, pas d’espace superflu mais une impression de confort absolu. Cette maison, construite en matériaux naturels ou de récupération, probablement tout ou partie par ses habitants, est parfaitement conçue. On sent qu’elle est le fruit d’une vie de réflexion et d’engagement pour la nature.

On s’y chauffe au bois et la chaleur est instantanément répartie dans l’ensemble de la maison. Dehors, un système solaire thermique permet de faire de l’eau chaude (vraiment très très chaude !), tandis qu’une partie du jardin permet la phytoépuration des eaux usées. A l’intérieur, les toilettes sèches sont parfaitement conçues et utilisées – un mode d’emploi est même accroché au mur pour les néophytes – aucune odeur ne filtre et ces toilettes sont ma foi bien plus confortables que les céramiques qu’on nous vend dans le commerce (c’est un spécialiste des longues lectures trônesques qui vous le dit). Nous nous rendons compte que nous avons mis les pieds chez des pionniers du développement durable, tout le prouve, de la salle de bain à la bibliothèque en passant par la cuisine ou le jardin. Nous tombons littéralement sous le charme de cette magnifique demeure.

 

 

Nous apprenons en parallèle que Jeanine est particulièrement active dans le Mouvement des Colibris et, avant sa retraite, a travaillé à la création du réseau Biocoop dans sa région. Deux choses à aller creuser sur le net si vous voulez vous lancer vers un quotidien plus durable.
Dans la chambre, nous voyons une photo de Louis, Jeanine, leurs deux filles et le chat, sur un tandem équipé d’une remorque. La photo date de 1981 lorsqu’ils ont fait leur tour d’Europe. Autant vous dire qu’à cette époque, équipés de la sorte et sur un continent très différent de celui que nous sillonnons aujourd’hui, il fallait du courage et de la détermination pour se lancer dans une telle aventure. Nous sommes très admiratifs.

Nous regrettons vivement de ne pas avoir pu rencontrer Jeanine et Louis mais nous promettons de passer leur dire bonjour dès que l’occasion se présentera (quitte à la provoquer un peu).

 

Le temps de se ressourcer

 

Le lendemain, nous nous hâtons de remballer nos affaires pour être dans les temps et parvenons même à avoir un peu d’avance. Il faut dire que nous avons une motivation supplémentaire : un bateau à prendre – et qui ne nous attendra pas – pour traverser l’estuaire de la Gironde.

Le ciel est dégagé et il commence à faire bon. Sur le bateau il y a un autre cyclotouriste. Un homme d’une cinquantaine d’années, pas très causant, recherchant manifestement la solitude.
La traversée est rapide, nous n’avons même pas le temps d’avoir le mal de mer.

 

 

Nous débarquons au Verdon-sur-Mer et enquillons la piste boisée qui se déroule devant nous. Nous longeons pendant quelques kilomètres une voie de chemin de fer désaffectée. C’est tranquille et, par ce temps, très agréable. Nous rejoignons régulièrement la côte et nous enfonçons aussi régulièrement dans les forêts de conifères. Nous découvrons alors la physionomie des pistes Landaises que nous emprunterons durant quelques centaines de kilomètres jusqu’au Pays Basque : de longues lignes droites un peu monotones, bordées de pins et très isolées du reste du monde. Une situation propice à la réflexion et à la méditation.

Notre compteur kilométrique tombe en rade et nous « perdons » les 927 premiers kilomètres parcourus.

Nous arrivons à Hourtin où nous prenons un verre. On entend quelques notes d’accent sudiste dans les parages. Nous mettons un peu de temps à le réaliser mais ça y est, nous sommes dans le Sud !
Benjamin, notre hôte du soir, nous croise par hasard en terrasse. Il nous explique brièvement le chemin jusqu’à chez lui et repart rapidement. Nous le suivons quelques minutes après.

Nous nous perdons un peu et parvenons dans sa rue. Nous parcourons les maisons et nous en apercevons une magnifique un peu plus loin. Toute en bois, sur pilotis, tournée vers le Lac d’Hourtin et le soleil couchant. En chœur, et comme à chaque fois que nous voyons une belle maison à l’approche de notre halte : « ce serait bien que ce soit celle là ! » D’habitude ça ne marche pas trop mais là, aucun doute, nous passerons la nuit dans cette superbe maison.

 

 

Benjamin est dans sa remise, il bricole bruyamment. Il réalise des œuvres d’art en assemblant des déchets ramassés sur la plage. Pour lui, très humble, ce n’est qu’un hobby, mais on retrouve des œuvres similaires dans les plus grandes galeries Newyorkaises.

Nous nous douchons en attendant que ses démons créatifs s’apaisent. Il finit par remonter, essoufflé, visiblement éprouvé par sa séance de création et nous propose une bière.

 

 

C’est un homme très intéressant, qui a pas mal voyagé dans son travail. Nous écoutons son histoire avec beaucoup d’intérêt. Il change de métier régulièrement mais travaille systématiquement dans des pays en voie de développement et pour des ONG. Il passe peu de temps dans sa maison mais lorsqu’il peut y rester quelques semaines, il vit très tranquillement et s’y ressource. Au milieu de son salon aux larges baies vitrées qui laissent entrer la lumière du couchant, un hamac est tendu entre deux poutres. Les couleurs son magnifiques à cette heure. L’impression de chaleur qui se dégage du bois omniprésent dans cette maison, additionnée aux orangés du soleil, est apaisante.

Nous nous couchons très tôt, exténués.

Au matin, nous partageons notre pain autour d’un café chaud. Benjamin nous indique la route qu’il connaît bien pour se rendre à Bordeaux. En effet, il n’a pas de voiture et rend régulièrement visite à ses parents Bordelais, à vélo.

 

Le temps d’une retrouvaille

 

Nous partons par une journée qui s’annonce merveilleuse. La fleur au fusil, nous savons qu’aujourd’hui, nous passerons le cap de notre premier millier de kilomètres.

Direction Bordeaux où nous devons retrouver notre copine, Armelle. Je suis assez pressé de la revoir pour deux raisons particulièrement. D’abord parce que c’est une bonne copine, super sympa, très intelligente et parfaite en tout point (je lui passe un peu de pommade parce que je sais qu’elle va lire) mais également parce que depuis que nous sommes partis, je n’ai pas pu avoir de conversation avec d’autres personnes vraiment familières que Léa. Ça me manque un peu. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement timide mais je ne fais pas preuve de la même réserve avec des inconnus qu’avec mes amis intimes. J’avais besoin d’un peu de laisser-aller dans mes rapports avec les autres.

Nous arrivons à Bordeaux où il se trouve, par hasard, qu’Armelle organise un colloque pour la chaîne d’hôtels pour laquelle elle travaille. Et il se trouve, également par hasard, que pour ce colloque, les hôteliers sont logés pour le weekend à l’hôtel Pullman. Et il se trouve, toujours par hasard, que certains hôteliers ont annulé leur venue au dernier moment, laissant vacantes des chambres pourtant payées pour le weekend. Ainsi, moyennant quelques ajustement et arrangements, mais surtout grâce à notre super copine du tonnerre, nous avons passé une super nuit et une super matinée dans un hôtel luxueux.

Nous quittons notre chambre vers midi après avoir bien travaillé.

 

 

 

Le temps que le linge sèche

 

Nous avons rendez-vous avec Anaïs, membre active des Colibris de Bordeaux au centre-ville. Nous parcourons les 5 ou 6 km qui nous en séparent en toute sécurité grâce aux nombreuses voies cyclables et aux indications spécifiques qui y sont dévolues.

Malheureusement, Anaïs n’a que peu de temps à nous consacrer. Nous discutons un peu des Colibris, de leur fonctionnement (réseau national d’antennes à action locale) dont le rôle est de donner au plus grand nombre les outils vers un monde plus durable.

Nous nous baladons un peu dans la ville sans vraiment réussir à en profiter.

Nous nous rendons alors chez Amélie, notre hôte de ce soir. Une sacrée nana, très sportive et une véritable aventurière. Elle aussi, voyageuse à vélo.

Son plus haut fait d’arme, à mon sens, un Bordeaux-Istanbul, seule.

Elle n’est pas encore rentrée et c’est Jacomo, son colocataire Italien qui nous ouvre. Jacomo est d’une compagnie très agréable et enrichissante. Il partage sa vie entre la France et la Russie pour écrire un mémoire de Master en littérature Russe et sur l’évolution de la société russe dans les 40 dernières années. Nous passons une super soirée dans cette colloc’. Nous refaisons le monde avec l’aide de quelques doses de rhum arrangé maison.

 

 On a bien eu Adrien et Jiacomo mais on a loupé Amélie, ça sera pour une prochaine fois !

 

On ne repart que vers 10h30 le matin suivant, attendant que nos vêtements lavés la veille ne sèchent. Nous avons mis ce début de matinée à profit pour nettoyer et graisser la chaîne de nos vélos qui en avaient bien besoin après tout ce sable dans lequel nous avons roulé.

Depuis quelques jours, un tac-tac-tac me tape sur le système à chaque tour de pédale. Je cherche la cause de ce boucan et fini par la trouver : il y a un jeu de quelques degrés dans la cassette de vitesse sur le moyeu de la roue arrière. Inquiet, je me mets en quête d’un magasin de vélo ouvert en ce lundi. Nous nous y rendons avec armes et bagages.

En me voyant arriver avec ce vélo chargé comme un baudet, le mécano ouvre des yeux comme des billes. Il accepte de jeter un coup d’œil et resserre la cassette. Le jeu persiste. Pour lui, c’est le poids et l’effort qui a usé la pièce prématurément. Elle pourrait casser bientôt ou tenir des milliers de kilomètres. De toute façon, la pièce à changer, le corps de roue libre, n’est pas standard. Il nous faudrait commander la pièce pour la changer. Je décide donc de repartir comme ça. Le serrage qu’il a effectué m’évite au moins le petit bruit exaspérant qui avait rythmé le voyage ces derniers temps.

 

Le temps d’un jour de congé

 

Direction Arcachon. Nous n’avons qu’une quarantaine de kilomètres à parcourir. Faux plat descendant et vent de dos, nous roulons tranquillement à 30km/h vers notre destination du jour. Anthony, contacté via le réseau Couchsurfing, nous attend chez lui. Il souhaite faire les derniers kilomètres avec nous à vélo mais nous arrivons trop vite et il se casse le nez sur nous en sortant de son lotissement.

Nous prenons une rapide douche et il nous emmène gentiment visiter le coin : dune du Pilat, Arcachon, son bord de mer et le quartier d’hiver. C’est très joli et le temps a tourné au beau fixe pour notre arrivée.

 

 

Anthony avait pris son lundi, c’est pour cette raison qu’il a pu aussi facilement nous emmener découvrir sa région. Mais le mardi, il se lève tôt pour travailler. Il part avant nous et nous laisse la clef à glisser dans la boîte à lettre.

Une fois tout remballé, je m’enquiers de la fameuse boîte à lettre assemblée avec celles des voisins. Je glisse la clef et un miracle se produit : je l’entends rebondir bizarrement et la voit, impuissant, se glisser dans la boîte à lettre de la voisine d’Anthony. Décidément, entre ça et le vélo, j’ai une chance du feu de dieu en ce moment. Ça aura été l’occasion, pour Anthony, de rencontrer cette voisine qu’il ne connaissait apparemment pas.

 

Le temps de trouver où dormir

 

La route du jour se fait un peu plus vallonnée qu’à l’accoutumée. En haut d’une colline, nous tombons sur le fameux Camping des Flots Bleus ayant servi de décor au film Camping. Petite photo et c’est reparti.

Toujours sur nos pistes cyclables au milieu des pins je remarque que, plus on s’éloigne des zones accessibles aux piétons et aux voitures, moins les ordures ne jonchent le sol. A dire vrai, il n’y a plus aucune ordure au sol après quelques centaines de mètres à s’enfoncer sur nos pistes.

Nous, cyclistes, nous les voyons ces ordures qui emplissent les fossés en bord de route. D’une voiture, que ce soit une question d’angle de vue ou de vitesse, elles sont invisibles. Mais jusqu’ici, je n’avais jamais pu profiter de nature préservée. Toujours cet hideux premier plan composé de cannettes, de boîtes de sandwich triangle, de sacs plastiques et de bouteilles se dressait entre la nature et moi. Ici, nous avons vraiment l’impression d’être en pleine nature. Pas un papier gras ne traîne par terre. Il n’y a que le bruit du vent dans les arbres et le chant des oiseaux.

 

 

 Pour midi, nous n’avons pas grand chose à manger. Et dans le coin, le peu de village que nous croisons ne sont plus très actifs entre 12h et 14h. Nous nous rabattons vers une zone d’activité. Léa pénètre dans une boulangerie. Lorsqu’elle ressort, un grand sourire tend ses lèvres. Elle jubile : c’est la première fois qu’une boulangère lui propose de mettre le pain directement dans son sac en tissu et qu’elle n’est pas obligée de refuser le traditionnel sac en papier.

Etape suivante, supermarché, moins reluisant…

Nous mangeons sur la place de l’église du village suivant. Les gens passent, regardent les vélos, intrigués, nous saluent et nous souhaitent bon appétit. Une vielle s’arrête même papoter un brin avec nous.

Nous repartons pour Mimizan sans savoir où nous dormirons. Nous pensions bivouaquer en pleine nature (camping sauvage pour les intimes). La loi nous autorise ce genre de sport dans la mesure où nous nous installons tard, repartons tôt et ne passons qu’une nuit en itinérance sans trop s’étaler. Mais à Mimizan, on semble un peu loin du reste du monde. Le camping municipal est fermé. Au golf, succèdent les grandes maisons de vacances avec piscine, la municipalité nous informe que pour notre sécurité la ville est placée sous vidéo surveillance et la route est jalonnée de panneaux d’interdiction de camper sur l’ensemble de la commune…

Nous nous arrêtons dans un salon de thé prendre un chocolat chaud dans l’espoir que la tenancière puisse nous indiquer un endroit où passer la nuit, voire nous proposer un hébergement. Peine perdue. Nous repartons en direction de notre prochaine étape. Il est près de 19h et le jour commence à baisser sérieusement.

Nous passons devant une vaste étendue herbeuse qui pourrait s’avérer vraiment confortable pour y passer la nuit en tente. A côté, il y a une petite maison. Je demande à Léa (ça marche mieux avec les filles) d’aller sonner pour demander aux habitants de bien vouloir remplir nos gourdes et au passage s’ils connaissent les propriétaires du terrain d’à côté où nous aimerions passer la nuit.

Un monsieur équipé d’une belle barbe argentée ouvre instantanément au premier coup de sonnette. Léa a à peine le temps de dire bonjour que le dit monsieur s’empare des gourdes.

« Ne vous inquiétez pas, j’ai compris. Moi aussi je suis cycliste. »

Mais ils sont vraiment partout !

Lorsqu’il revient, Léa lui parle du terrain qui jouxte le sien, s’il a une idée de qui le possède et s’il pense que nous pourrions y dormir.

« C’est chez mon frère. Mais venez donc derrière, vous serez bien mieux ! ». Et nous de pousser nos vélos et d’installer notre tente dans son jardin, derrière la maison. C’est un vrai soulagement et un sentiment de sécurité réconfortant que nous ressentons à ce moment.

 

 

Les pâtes accrochent dans le fond de la casserole mais c’est très mangeable.

Il fait de plus en plus frais et le soleil se couchant à travers les arbres nous offre un spectacle exceptionnel.

La nuit est même un peu froide. Je ne l’ai pas senti mais il a gelé. La dernière gelée de l’année probablement. Léa passe une moins bonne nuit que moi. Elle qui se réjouissait de passer sa première nuit en tente, elle finit par regretter le confort douillet des foyers de nos hôtes précédents.

Au matin, il est un peu difficile de s’extirper de nos sacs de couchages. Nous remballons un maximum de choses avant le petit déjeuner. Je roule mon matelas autogonflant à l’extérieur de la tente sur un lit d’épines de pin. Je m’en mordrai les doigts plus tard.

Je fais chauffer de l’eau pour le thé. Lorsqu’elle est chaude, encore gourd de la nuit, je me brûle et fait tout tomber par terre. Au moment de me résoudre à remettre l’eau à chauffer, après avoir lancé quelques jurons étouffés à mon endroit, la femme de notre bienfaiteur de la veille s’approche et nous propose de venir prendre le café au chaud. Madame tombe à pic !

Lorsque nous entrons dans la cuisine, les toasts finissent de toaster et le café de cafeter, le tout dans une odeur du tonnerre qui creuse immédiatement un gouffre dans notre estomac. Francette, car c’est le nom de notre cantinière du jour, nous offre également une confiture absolument démente : courgette mandarine. (Je dis ça dans l’espoir que mes beaux parents s’en inspirent cet été !)

On discute voyage. Jacques, qui nous avait ouvert la veille, arrive d’une course qu’il était allé faire en ville à vélo.

Ils nous indiquent parfaitement la route pour nous rendre à notre prochaine étape. Nous les quittons dans de chaleureux au revoir, heureux de cette rencontre et de leur générosité.

 

Le temps de vivre

 

De nouveaux les landes et ses longues lignes droites à travers les pins. On voit également apparaître des chaines lièges magnifiques.

Nous rattrapons rapidement un cycliste breton (à en juger par le drapeau qui orne sa remorque). Il est mal équipé, les roues de sa remorque font des huit mais il roule vraiment vaillamment. Son mode de vie, c’est l’itinérance. Quand arrivent les beaux jours, il part de chez lui, en Bretagne, et se dirige vers le Sud, où il embauche comme saisonnier pour faire de la cueillette, du woofing et voyager en solitaire.

 

 

Le soir, nous arrivons à Hossegor pour rencontrer une famille un peu spéciale (mais pas trop!). Nous sommes déjà en contact depuis quelques mois avec le papa, Jérémie. Il nous invite par SMS à le rejoindre pour 18h en terrasse pour prendre l’apéro en ville. Nous arrivons à 16h30 et, en l’attendant, nous rendons hommage à des copains en commandant une Suze qui fait grimacer Léa à chaque gorgée.

Jérémie arrive un peu plus tôt que prévu avec Dia, 5ans et Mali, 7ans (si mes souvenirs sont bons). Bénédicte, sa compagne, est encore au travail. A eux 4, ils forment la famille Zéro Déchet (ou presque).

Depuis plusieurs années, Jérémie travaille pour des projets environnementaux. Il est très conscientisé et fait parti de l’avant garde qui sonnait déjà la sonnette d’alarme il y a plus de 15 ans. Bénédicte est illustratrice et elle travaille régulièrement avec Jérémie notamment pour l’illustration de guide pratiques comme l’éco-guide du matériel de montagne publié par l’association Mountain Rider.

Après ces années de travail pour l’environnement, ça mangeait bio et local à la maison, mais il y avait encore un besoin, un vide à combler. Et comme ces hyperactifs ont toujours besoin de nouveaux défis, ils se sont lancés dans un mode de vie sans déchet.

Au début, seuls dans leur coin, ils se sont dit que cela pourrait être intéressant de partager l’aventure, les petites astuces, les galères et les réussites sur leur blog et facebook. Ils se sont vite rendus compte qu’il existait toute une communauté sur la toile à propos du mode de vie Zéro Déchet. Et cette communauté s’est vite agrégée autour d’eux. Il faut dire que leur blog est vraiment agréable à lire, ludique et intéressant, entre les textes foutraques de Jérémie et les illustrations humoristiques de Bénédicte, ils avaient tout pour séduire.

Nous vous conseillons de consulter de toute urgence ce blog et, si vous voulez vraiment vous marrer et débuter en famille une démarche de vie durable et responsable, précipitez vous sur le livre qu’ils ont publié début mars ! (Ça marche bien avec les enfants mais les célibataires endurcis y trouveront aussi leur compte).

Pour vous décrire un peu mieux la famille zéro déchet et vous éviter de littéralement flipper devant la richesse de leur engagement, il faut savoir que ce sont des chercheurs, des pionniers. Jetez un œil à la manière dont ils vivent, ils font tout eux même, de leur pâte à tartiner du petit dej à la poudre du lave vaisselle en passant par le shampoing. Très intégré dans le tissu social et associatif local, ils ne s’approvisionnent qu’en bio, local et/ou raisonné, auprès de gens qu’ils ont fini par connaître personnellement.

 

 Crédits photo : Blog Famille Zéro Déchet

 

 

Ils sont un peu énervants, heureux, beaux, bronzés, en bonne santé, surfeurs et en plus ils ont une super démarche de vie. Mais bon, pour en arriver là, ça leur a pris du temps. Ce sont des chercheurs, des athlètes qui ont poussé la méthode à l’extrême et chez qui il faut prendre en exemple de petits trucs à appliquer étape par étape, réussite par réussite.

Pour vous donner un exemple d’ingénieur : rien à voir de prime abord entre un Kangoo et une formule 1. Mais pourtant si le Kangoo d’aujourd’hui ne consomme pas du 18 litres au cent et possède des freins à disque, c’est parce que des gens se sont creusés la tête pour optimiser les consommations et le freinage des formules 1 il y a quelques décennies.

Et bien, la famille zéro déchet, c’est la formule 1 des familles responsables et durables. Ils cherchent, ils creusent loin et ils trouvent pour les autres les solutions qui feront les familles du futur ! Mais inutile de se comparer à eux d’entrée de jeux. Simplement, prenez ce que vous voulez des conseils qu’ils vous donnent et appliquez-les sans vous prendre la tête.

Nous avons le temps de bien discuter avec Jérémie. Nous nous rendons compte que sa démarche zéro déchet, c’est vraiment un choix de vie complet. De prime abord, cela paraît assez chronophage. Les goûters des enfants ne sont plus tout fait et emballés dans un blister, lui même emballé dans une boîte, elle-même ré-emballée dans un blister. Jérémie et Bénédicte ont leur livre de recette plein de bons goûters, muffins, brownies et autres moelleux, emportés à l’école dans de petites boîtes. Il en va de même des confitures, des crêpes du petit déjeuner ou de la purée faite maison (avec l’aide d’un super robot renommé acheté d’occasion sans emballage).

Jérémie et Bénédicte ont su adapter leur rythme de vie et de travail pour concilier tout ça. Ils travaillent moins, gagnent moins mais ont aussi besoin de moins. En effet, pour tout ce que vous préparerez vous-même, vous n’aurez pas à payer quelqu’un pour le faire à votre place. Vous verrez ainsi que vous passerez beaucoup plus de temps en famille, pour vos loisirs et votre culture, en un mot, beaucoup plus de temps à vivre.

  

 Notes de Léa : Ce soir là nous avons pu goûter à la succulente tarte aux poireaux et au chèvre de la famille : qui a dit que les légumes d'hiver n'avaient pas la cote ? Nous avions mangé sur la table basse du salon (parce que c'est plus cooooool) et que celle de la salle à manger nous trouvait un poil trop enrobés avec nos nouveaux muscles de cyclistes.

 

Il y a quelques mois, j’ai reçu un voyageur à vélo venu de Norvège, Håkon. Il s’était retrouvé en rupture avec son mode de vie. Ne comprenant plus pourquoi il devrait aller travailler pour gagner l’argent qui lui permettra de se payer une voiture qui lui permettra d’aller plus vite au boulot pour travailler plus pour gagner plus d’argent pour se payer une maison confortable qui lui permettra de mieux se reposer pour être plus performant au boulot et gagner plus d’argent pour…, pour…, pour…, pour toujours travailler à réaliser les rêves des autres.

Je pense que Jérémie et Bénédicte ont trouvé la parfaite synthèse. Et quand on passe une soirée avec eux, on se rend vite compte du bonheur qui émane de leur famille.

Pour le moment ce genre de choix est difficile à suivre et à assumer dans notre société du « travailler plus pour gagner plus ». Cependant, nous avons remarqué cette constante volonté de se donner du temps dans toutes les familles que nous avons visitées.

Pour le documentaire, nous filmons le petit déjeuner zéro déchet. A vrai dire, nous participons aussi et c’est délicieux !

 

 

Nous filmons un entretien avec Jérémie. Et comme c’est moi qui m’occupe du son, avec ma poisse légendaire, l’enregistreur tombe en rade. Une rade sévère. Impossible de faire quoi que ce soit. Je perds énormément de temps à faire l’impossible pour sauver l’engin. Je ventile, j’intube, NFS, Chimie, Iono, gaz du sang. Peut-être s’agit-il d’un Lupus, docteur ?

Vers 11h, je me résous à déclarer la mort cérébrale de l’appareil.

Nous menons cependant l’entretien et filmons en utilisant le micro interne de notre caméra…

Dernier repas zéro déchet, sur la terrasse, en compagnie de Jérémie. On se régale de petits cabécous fabrication locale et c’est reparti pour de nouvelles aventures !

 

Le temps de gratter quelques lignes

 

Encore une fois, peu de kilomètres. Nous nous dirigeons vers Anglet. Nous n’avons vu que du beau temps depuis Nantes mais les portions de pistes inondées témoignent des pluies diluviennes qui nous ont précédées. De temps à autres, l’eau est tellement haute qu’il est difficile d’avancer. Les sacoches sont à moitié immergées et nos pieds sont trempés d’une eau stagnante, croupie et puante. Je pense que je ne pourrai pas me débarrasser de l’odeur pour le reste du voyage…

Le choc est rude en rejoignant l’agglomération par Bayonne. C’est l’heure de pointe et les automobilistes, pressés de rentrer chez eux, nous doublent n’importe comment, à quelques centimètres de distance, croyant gagner du temps. Nous les rattrapons souvent 100 mètres plus loin à un feu rouge.

Après quelques côtes nous arrivons chez Guy. Un ancien collègue de la mère d’un camarade d’université de Léa. Le lien est lointain mais nous sommes admirablement reçus, comme des proches de longue date.

Cette courte étape nous aura permis de prendre le temps de travailler un peu avant notre prochaine destination : Saint-Jean-de-Luz. Nous nous y rendons pour visiter l’école Urdazuri, labellisée Eco-Ecole.

 

Le temps d’un weekend et autres retrouvailles

 

La route prend des allures montagneuses. Nous sentons s’approcher les Pyrénées. Le ciel est un peu plombé et il vente. Le spectacle, du haut des falaises luttant contre l’assaut des flots est extraordinaire et rattrape l’effort fourni pour y grimper.

Nous arrivons un peu avant midi et rencontrons l’ensemble de l’équipe enseignante avec qui nous déjeunons.

Dans la salle des profs, le programme de la journée est affiché et il nous est quasiment entièrement dédié. Nous sommes très fiers et soulagés à la fois : nous n’aurons quasiment rien à faire. Les élèves se sont renseignés sur BEECI, ont visionné notre vidéo de présentation et ont préparé plein de choses à nous montrer et plein de questions à nous poser.

 

 

On passe de classe en classe, en commençant par une démonstration de pelote basque qu’ils jouent à l’aide d’une Cestakandia. Ces cestas (petit panier avec lequel on joue à la pelote basque), réalisées à l’aide de bouteilles de lait destinées originellement à la poubelle, permettent de sensibiliser les enfants sur une alternative à la mise au rebus ou au recyclage : la réutilisation.

 

 

On nous présente également les enseignements tirés de la visite d’un centre de tri et de traitement des déchets, le système de tri, de mesure et de collecte des déchets de l’école et, pour finir, le compost.

Le projet Eco-Ecole fédère de nombreuses compétences portées par la mairie, le syndicat local de gestion des déchets, des associations et surtout les parents d’élèves. Un super réseau de création de valeur se constitue donc autour de l’école et enrichit considérablement le tissu social local et territorial en permettant à tout ce monde de se rencontrer autour d’un projet commun et fédérateur.

Le soir, nous ne savons pas bien où dormir. On nous propose des solutions de couchage un peu lointaines et nous nous rabattons sur un camping. Mais pas de temps à perdre, nous avons 30 minutes pour le rejoindre avant que la réception ne ferme ses portes. En sortant, une enseignante nous arrête pour nous présenter une maman venue récupérer ses enfants.

« Je vous présente madame P…, elle aussi est spécialisée dans l’environnement ! »

Je m’approche et me rend compte : « Mais, on se connaît ! ».

Madame P… qui m’avait donné des cours de droit de l’environnement il y a 4 ans à l’université. C’est absolument improbable. Ça me fait vraiment plaisir de la voir, j’ai gardé un excellent souvenir de ses cours et des discussions que nous avions eu ensemble en marge de l’enseignement.

Elle semble me remettre aussi. Elle nous présente ses deux fils, Nino et Marius, et sont conjoint Olivier. Désormais, je peux la tutoyer et l’appeler par son prénom, Emmanuelle.

Nous tentons à regret de couper cours, toujours pressés de rejoindre le camping. Et Olivier de proposer que nous passions la nuit chez eux !

Nous sommes au anges, vraiment.

Finalement, nous passerons un excellent weekend grâce à eux, chez eux. Travail, balade en ville.

Ma belle sœur m’envoie l’enregistreur de son de mon frère pour remplacer celui tombé vrac.

Tout va pour le mieux.

Un petit bémol cependant. Vous vous souvenez de la dernière fois que j’ai utilisé mon matelas autogonflant ? Vous vous souvenez aussi de la manière dont je l’ai replié, sur un lit d’épines de pin ? Et bien, depuis, il a gagné une nouvelle fonction. C’est désormais un matelas autogonflant-autovidant à perçage invisible. J’y passe du temps mais impossible de trouver la fuite. Il ne sert plus à rien, autant dormir par terre.

Décidément, niveau matériel, entre le vélo, l’enregistreur et le matelas, je suis verni…

Nous repartons le dimanche matin. C’est Pâques. Les cloches ont même pensé à nous et nous avons droit à notre portion d’œufs en chocolat.

Nous disons au revoir à Olivier, à Nino et à Marius qui partent pour une chasse aux œufs organisée au jardin botanique. Emmanuelle nous accompagne à vélo jusqu’à Hendaye. La route est magnifique, perchée en haut d’une corniche d’où l’on peut admirer la mer se fracasser sur les falaises et les rochers en contrebas.

La séparation est difficile, nous nous disons au revoir et nous promettons de repasser bientôt.

 

 

A quelques kilomètres, on voit l’Espagne.

Nous longeons la plage pleine de surfeurs pour rejoindre le port.

Le temps d’une traversée, un petit bateau nous emporte vers un nouveau pays, une nouvelle culture, une nouvelle langue, de nouvelles initiatives pour le développement durable.

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