#2-Y'a quoi dans nos sacoches ? L'épicerie


Le panier à légumes sur le vélo de Léa avec des légumes issus d'un dumpster diving

Après avoir passé à la loupe le matériel qui constituait notre cuisine, voici un aperçu de notre garde-manger, la base de notre épicerie :


- Panier à légumes

- Condiments (huile d’olive, réduction de vinaigre balsamique, sauce soja, herbes aromatiques/épices, bouillon de légumes)

- Les "au cas où" (soupe lyophilisée de secours)

- Petit dèj (café, thé, lait en poudre)


1. Le panier à légumes

Petite anecdote... où comment ce panier s'est retrouvé sur le vélo de Léa !

Les sacoches de vélos sont très étanches. Et étanche, ça veut dire que l’eau ne rentre pas mais ça veut aussi dire qu’elle ne sort pas.


Il est arrivé à plusieurs reprises que Léa garde une courgette dans l’une de ses sacoches. Lorsqu’il pleuvait, à chaque fois, l’air dubitatif, j’écoutais patiemment Léa se plaindre que l’eau était encore rentrée dans cette satanée sacoche. Et puis un jour, la lumière nous est apparue. La courgette, ça « respire ». Elle rend de l’eau, surtout dans une sacoche bien hermétique sous le soleil serbe du mois d’aout à midi. Et quand la courgette rend de l’eau, elle en rend vraiment beaucoup, c’est incroyable ! D’ailleurs, je vous déconseille de stocker votre courgette en compagnie de la dernière paire de chaussette à peu près propre et sèche qu’il vous reste.


---> Pour conserver les fruits et légumes, mieux vaut les stocker à l’extérieur de vos sacoches. Dans l’ensemble, de toute façon, ils ne craignent pas la pluie et ils seront bien mieux, la bouille au vent, au frais, au-dessus de vos bagages.


Il nous a fallu attendre 5 ou 6 mois de voyage et la rencontre de Jonas – un cyclotouriste croisé en Norvège – pour lui piquer sa bonne idée de panier posé au-dessus du paquetage.


Comment fabriquer votre panier à légumes ?

Pour faire notre panier, nous avons récupéré un cageot en plastique dans les poubelles d’un supermarché. Je vous déconseille le carton (qui ramolli à la pluie) et le bois qui ne tient pas longtemps la pression des sandows.

Pour couper aux victuailles toute velléité d’évasion quand nous roulons, nous avons réalisé un treillis avec de la ficelle que nous avions emportée au cas où (toujours très fier d’utiliser un truc qu’on a emporté « au cas où », il faut bien avouer que c’est assez rare). Ce n’est pas le plus pratique car très rigide (il faut défaire tout le treillis pour prendre la moindre banane) et ça se desserre avec les vibrations.

Le mieux c’est d’utiliser un sandow ou un élastique du même genre (on en trouve plein sur le bord des routes). Jonas, qui était vraiment à l’affût de tout ce qui pouvait rendre le voyage à vélo encore moins cher, nous en avait déniché un le long de la route dans un fossé.


Enfin, lorsqu’avec Jonas (en photo ci-contre), nous avons commencé le dumpster diving (plongée en poubelle) pour récupérer les invendus des supermarchés, nous nous retrouvions parfois avec d’énormes quantités de nourriture que nous avions à trimballer sur plusieurs jours. Avant, quand nous achetions deux oignons et une courgette, c’était la bagarre pour trouver trois centimètres cubes dans les sacoches et réussir à tout faire rentrer sans rien réduire en purée. Il nous arrivait même (et pourtant ce n’est pas dans nos habitudes) de refuser de la nourriture par manque de place. Avec notre petit panier, plus de questions de place à nous poser.


A nous les invendus de supermarché, les fruits ramassés sur les bords des routes et les oignons glanés dans les champs !




2. Les condiments

Les condiments sont vraiment nécessaires sur le long terme. Rien de plus déprimant que de manger un plat sans aucun goût quand on est fatigué, affamé et déprimé par une météo capricieuse au milieu des montagnes désertes de Norvège.

Comme je le disais plus haut, de la cuisine qui a bon goût, c’est essentiel en voyage.

Sel et poivre sont les incontournables bien sûr. Mais attention, ils sont tellement incontournables et nous les trouvons tellement partout qu’ils n’apportent même plus de facteur de différenciation ou d’appétence particulier.

Imaginez cette scène :

« - Mmmmmh ! C’est trop bon ton plat ! T’as mis quoi ???

- Mon petit gars, tiens-toi bien, j’ai mis du sel et du poivre ! »

Ne cherchez pas, dans la craie ça n’existe pas.

Donc, pour vous faire un petit plat qui fera dire à votre partenaire : « Mmmmmh ! C’est trop bon ton plat ! T’as mis quoi ??? », il va falloir se creuser la tête. D’autant plus que vous n’avez pas une cuisine de 30m2 toute équipée avec un placard à épice à 12 étages.



Comment s'équiper efficacement en condiments ?

Ce qu’il vous faut, ce sont donc des condiments légers (en poids), dont vous ne vous lacerez pas trop facilement et très concentrés en goût.


---> Vous pouvez emmener des herbes aromatiques. Attention à ne pas en prendre trop d’une seule sorte. A votre 17ème plat de pâtes parfumé aux herbes de Provence bas-de-gamme, votre partenaire ne vous dira probablement pas « Mmmmmh ! C’est trop bon ton plat ! T’as mis quoi ??? »… il faudra prévoir d’en avoir toujours 2 espèces différentes pour alterner et essayez de ne pas emmener de trop grandes quantités.


---> Nous avions également du curry en poudre et même, de temps en temps, de la pâte de curry (qui se conserve très bien quelques jours après ouverture même sans frigo).


---> Enfin, nous étions de gros consommateurs des cubes de bouillon (de légumes, vegan pour nos bonnes résolutions de voyage). Nous vous dirons bientôt comment les utiliser au mieux pour parfumer efficacement vos plats.


---> La sauce soja, c’est le truc le plus intéressant. Ça sale mais ça rajoute aussi un goût un peu fumé qui enrichi vraiment les saveurs de vos plats. D’autant plus qu’elle aura encore tendance à évoluer au cours du temps en continuant de fermenter. Nous l’utilisions dans tous nos plats, chauds ou froids (sauces de salade). Pour ceux qui aiment, il y a aussi le Nioc Mam.


---> Le midi, la plupart du temps, nous mangions des salades pour éviter d’avoir à sortir le réchaud et tout notre bazar en pleine route. Il nous fallait de l’énergie et du plaisir et ça, ça implique beaucoup d’huile d’olive ! Nous avions trouvé une bouteille d’huile en plastique de faible volume avec un bouchon efficace. Comme ce genre de bouteille ne se trouve pas facilement, nous l’avions gardée et nous la remplissions en fonction de la générosité de nos hôtes ou avec ce que nous trouvions dans le commerce. Nous utilisions aussi notre huile d’olive pour la cuisson.


---> Pour nos salades, nous utilisions aussi de la réduction de vinaigre balsamique. La « réduction » de vinaigre balsamique, c’est ces petites bouteilles en plastique souple vendues pour faire le dressage de vos assiettes avec de jolie virgules marron et brillantes (comme ça, ça donne pas du tout envie). Alors en fait, c’est probablement plein de saloperies, c’est beaucoup de sirop de glucose, un peu d’acide citrique et un peu de vinaigre balsamique mais ça fait de bonnes salades, les bouteilles ne sont pas lourdes et le bouchon tient le choc dans la sacoche.


Attention !

Pour l’huile, le vinaigre et la sauce soja et tout autre condiment liquide :

---> Vérifier l’étanchéité de la bouteille et la capacité du bouchon à rester vissé ou fermé ;

---> Même si la bouteille et le bouchon semblent ok, conservez les bouteilles toujours dans la même sacoche, à la verticale (la tête en haut) et à l’écart des trucs qui craignent (caleçon, ordi, sac de couchage…)

Nous avions pris pas mal de précaution mais dans la sacoche cuisine, il est arrivé une ou deux fois que se répande l’huile. C’est pas rigolo. Du tout.



3. Les "au cas où"

Les trucs « au cas où » sont les pires ennemis du voyageur. Heureusement, concernant la cuisine, nous avons été assez heureux de ce point de vu là puisque nous nous y étions pris à l’arrache. (Nos premières réserves de nourriture ont été constituées 48h après notre départ. On peut pas faire moins à l’avance comme préparation).

Cependant nous n’avons jamais eu de gros problème de nourriture. Au cas où, nous avions quand même prévu un sachet de soupe lyophilisé. C’est pas très bon et ça n’a pas grand intérêt énergétiquement parlant mais, en cas de dèche de légume, ça peut faire une sauce de secours et éviter de manger des pâtes aux pâtes.

Nous avons finalement décidé de nous en séparer, le cœur brisé, au bout de 5 ou 6 mois sans l’avoir utilisé. Et bien entendu, c’est quelques jours après que nous avons connu notre seul jour de dèche. Nous avons tout de même trouvé de quoi parfumer notre riz au riz avec 2 ou 3 bolets ramassés autour de la tente.



4. Le petit dèj et l'heure du thé


Quand on vit tout le temps dehors et qu’il fait frais, on a du mal, au bout d’un moment, à se réchauffer. Un thé ou un café sont le bienvenu. Léa est plus thé et Florent café.


---> Le thé c’est facile à transporter en vrac et même en voyage/bivouac, on peut facilement boire du thé de bonne qualité.


---> Pour le café, nous avions du lyophilisé. Et ça, pour les amateurs de café, c’est pas bon. C’est pourquoi, il y avait aussi le lait en poudre


Si c’était à refaire, nous partirions avec une petite cafetière italienne type Bialetti (c’est Florent qui dit ça et Léa rajoute « bah oui, bien sûr ! Et bien tu la porteras tout seul ta cafetière ! »).


Le thé et le café (surtout quand il est bon et fait avec une bonne cafetière italienne) a une autre fonction : sociale. Si vous êtes réactif, lorsque vous croiserez d’autres cyclistes ou des voyageurs sur votre route, ça fait toujours plaisir de sortir un petit : « je te fais un café ? ». On se croirait presque à la maison et ça peut réconforter.


#sacoches #cuisine #français

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