Cyclotourisme en France : La Loire à vélo

1. Quelle est la meilleure période pour pédaler sur la Loire à vélo ?

Définitivement, pas celle que nous avons choisi.


La Loire à Vélo est le premier gros itinéraire cyclable que nous avons emprunté au mois de mars. Nous n’avons mis que 2 jours à rejoindre cette véloroute depuis Troyes. La France sortait doucement de l’hiver et, petit à petit, la pluie remplaçait la neige. Idyllique…

Nous l’avons suivi plein OUEST, c’est à dire pile-poil dans le bon sens pour s’essayer aux vents dominants de face jusqu’à Nantes (ça semble loin quand on a le vent de face). Cela ne doit pas vous arrêter pour la faire dans ce sens EST vers OUEST. C’est vraiment une sensation extraordinaire (quand, comme nous, on habite loin de la mer) de rouler plusieurs jours d’affilé, de conclure un voyage en voyant l’horizon s’ouvrir vers l’océan et de ne le devoir qu’à ses propres efforts.


​​La période que nous avions choisie était particulièrement venteuse et humide. De plus, hors saison, les voies vertes et itinéraires cyclables ne semblent pas surveillés ni entretenus.

Le vent avait jeté de nombreuses branches et troncs sur notre route, nous obligeant parfois à patauger dans les champs détrempés pour continuer.

​​​La Loire est un fleuve assez sauvage qui connait de grandes variations de débit. Une bonne partie de ses berges sont sauvages et absolument non-aménagées. Il arrive donc régulièrement que le fleuve s’étende hors de son lit, recouvrant les champs et chemins alentours parfois sur plusieurs centaines de mètres.

Bien évidemment, hors saison, il n’y aura rien ni personne (pas la moindre signalisation ou déviation) pour vous prévenir de ces débordements et il nous est arrivé régulièrement de tomber sur des zones complètement impraticables et de devoir rebrousser chemin sur plusieurs kilomètres pour récupérer une route.


En été cependant, ces voies qui empruntent les berges et les sous-bois doivent être enchanteresses et fraiches. Vérifiez simplement le climat et la météo avant de vous lancer.

2. A quel type de public est-elle adaptée ?

Suivre la Loire pour se rendre à Nantes, ce n’est déjà pas le chemin le plus directe quand on voit tous les tours, détours et circonvolutions du fleuve. Mais si en plus, vous suivez scrupuleusement tous les panneaux de l’itinéraire de la Loire à Vélo, vous n’êtes pas rendu ! Le moindre village comportant une église gothique ou une ferme moyenâgeuse tire la couverture à lui pour que l’itinéraire officiel de la Loire à Vélo passe par son centre-ville.

Pour un voyage cyclotouristique en famille pendant ses vacances, La Loire à vélo est très agréable et finalement assez facile. C’est assez plat, il y a plein de choses à voir et à visiter et on peut s’arrêter toutes les heures pour boire un diabolo en terrasse.

Lorsqu’il s’agit d’un voyage au plus long cours comme c’est notre cas, il est parfois des moments où l’on veut juste voir avancer le compteur kilométrique sans avoir à se coltiner tous les chemins mal entretenus qui vous ralentissent et vous hérissent les poils. Reconnaissons tout de même que certaines portions de La Loire à vélo sont empruntées par les cyclistes sportifs ou les locaux pour leurs déplacements quotidiens car bien adaptées à ces usages (voir la section « infrastructures » pour plus de détails).

3. A quels types de paysages peut-on s'attendre ?

Nous n’allons pas vous assommer avec de longues descriptions de paysages. Nous vous laissons vous faire votre opinion. Sachez simplement que nous avons suivi une assez courte partie de la Loire et que la diversité des paysages qu’elle traverse est probablement encore plus impressionnante.


4. Culture et Patrimoine

Comme nous le soulignions précédemment, tout est fait pour vous faire traverser le moindre petit village présentant le moindre intérêt et se situant à moins de 500m de la Loire.

De temps à autres, nous étions un peu frustrés de notre application à suivre les panneaux. Il faut avouer que certains villages ne présentent aucun intérêt d’autant plus pendant la basse saison qui fait pour le coup vraiment morte saison. Pas un commerce, pas un bistrot d’ouvert, des musées fermés… Bref, nous nous répétons mais, la Loire à Vélo, attendez les beaux jours avant de la pédaler !


Vous traverserez certains des plus beaux villages de France. Leur beauté vous clouera le bec mais vous vous étonnerez de la désertification de ces endroits paradisiaques. La spéculation immobilière liée au tourisme en fait des villages de vacances en été et des villes fantômes le reste du temps.

Vous passerez également par tous les châteaux de la Loire qui peuvent se visiter en saison. Si l’histoire et le Rococo ne vous attirent pas plus que ça, de nombreux cafés et lieux culturels ont fleuris autour de l’itinéraire. Les cyclistes y sont souvent invités à se détendre.

Nous avons particulièrement apprécié notre après-midi à la Fondation du Doute de Blois. Les expos sont vraiment sympas et l’entrée est gratuite. Mais le petit truc à savoir c’est que l’un des bars les plus sympas de la ville s’y cache. Tenu par une association, les tarifs sont très bas, les produits de qualité et le cadre magnifique.


Enfin, nous ne pouvons pas décrire le patrimoine de la Loire sans évoquer le vin. Vous en trouverez partout. De nombreuses caves troglodytes sont accessibles à quelques dizaines de mètres de l’itinéraire officiel.

Pour notre part, nous avons fait un détour un peu balaize vers Chinon (une belle côte à monter) pour rejoindre un copain, Boris Desbourdes, qui fait du vin en famille au Domaine de La Marinière.


5. Où dormir ?

Comme vous le savez, nous apprécions tout particulièrement le réseau Warmshowers car il nous permet de rencontrer des personnes chaleureuses et souvent très engagées sur les problématiques liées au développement durable (retrouvez ici notre article à ce propos). L’avantage lorsque l’on parcourt la Loire à vélo, c’est qu’on est presque sûr de trouver un Warmshowers à chaque étape. Pourquoi donc ? C’est statistique ! Posséder un itinéraire cyclable près de chez soi a tendance à nous inciter à l’utiliser et donc à voyager à vélo et donc à recevoir des voyageurs à vélo chez soi…


Un exemple ici avec la portion de la Loire située entre Orléans et Chambray-lès-Tours. Chaque marqueur rouge représente un Warmshower.


Camping sauvage : Comme on vous le disait plus haut, au moment où nous sommes partis, la Loire c’était pluie, grêle, neige, vent et boue… Nous étions débutant en voyage et pas vraiment motivés pour le camping sauvage dans ces conditions. Mais comme partout en France, le bivouac est autorisé. Il vous suffit de ne pas mettre le camp trop tôt et de ne pas le lever trop tard. Choisissez des zones assez éloignées des habitations et pas au milieu de champs cultivés. Attention, la Loire à Vélo est l’un des itinéraires cyclables les plus fréquentés de France : les riverains doivent subir les abus réguliers de certains cyclistes indélicats. Donc, pas de faux pas là-dessus.


Et sinon… si votre budget vous le permet, de nombreux établissements et campings sont labellisés « Accueil vélo » et vous assurent ainsi un service lié à vos attentes de cyclotouriste (proximité avec un itinéraire cyclable, abris pour vélo, kit de réparation, informations utiles…). De 1 à 5 étoiles, il y en a pour tous les budgets et toutes les envies ! A retrouver sur le site de La Loire à vélo.



6. Qu'en est-il des infrastructures ?

Globalement, tant qu’on ne s’éloigne pas trop de l’itinéraire, difficile de se perdre. C’est globalement tout droit (sauf quand c’est inondé).


Signalisation

​​L’arrivée dans les grandes villes (Blois, Tours, Nantes) a été très simple et agréable comme le montre la vidéo (tout en haut de l'article). Mais voilà… Quand nous nous installons dans une grande ville, pour une nuit ou quelques jours, on ne dors pas forcément en plein sur l’itinéraire. Et le retrouver pour sortir d’une agglomération peut représenter une sacrée aventure.

Je vous passe le détail de la traversée des magnifiques zones d’activités, des rocades et autres voies rapides qui bordent nos jolies villes Françaises mais je pense que les cyclistes parmi vous n’ont pas besoin de plus.

Par exemple, nous avons eu beaucoup de mal à sortir de l’agglomération Nantaise. A la décharge des autorités locales, il y avait une belle piste cyclable pour rejoindre l’itinéraire mais aussi des travaux sur l’axe qu’elle longeait. Bien évidemment, où est-ce qu’on stocke les matériaux et les engins quand on fait des travaux de voierie ? Et oui ! sur les pistes cyclables. Impossible de passer par là. Nous avons dû emprunter les petites rues de la banlieue Nantaise. Suivre les panneaux routiers n’était d’aucune aide puisqu’ils ramenaient systématiquement à la voie rapide qui nous était interdite…

Pensez donc à bien vous équiper en cartes papier ou virtuelles pour bien vous orienter et éviter de terminer sur la rocade.


Revêtement

La plupart du temps, on ne sait pas à quel type de route s’attendre lorsque l’on suit les panneaux de La Loire à vélo. Le type de revêtement est indiqué sur leur site en ligne et sur les cartes locales que vous pouvez trouver en office de tourisme.

​​Nous vous conseillons de bien vous renseigner à l’avance sur l’itinéraire que vous souhaitez emprunter et sur la qualité des routes (piste, piste cyclable, chemin, route peu fréquentée…).

En été, par temps sec, il n’y aura aucun problème pour passer à peu près partout quel que soit votre vélo. Nous avons tout de même dû traverser quelques sablières.

Par temps humide, attention à la bouillasse des chemins forestiers et agricoles. En vélo de route, ça ne passe pas, mais alors pas du tout !

Pour les plus pressés, n’oubliez pas qu’il ne s’agit pas là d’une « autoroute cyclable » qui nous permettrait de relier Nantes au plus vite et de façon sécurisée même si certaines portions y ressemblent !

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